AF 447 – Une fatalité prévisible?

C’est impressionnant comme je me souviens du numéro du vol de cet avion par cœur. C’est sans doute parce que je me suis imaginé 100 fois à bord de ce tuyau de métal qui a dévissé dans des conditions apocalyptiques. Quand j’ai lu les premiers articles sur la catastrophe j’ai immédiatement repensé à un article de courrier international (#905).  Dans son papier de l’édition de mars 2008 intitulé « Y a t’il un bogue dans l’avion ? » Paul Marks racontait comment l’électrification généralisée des avions les rendait de plus en plus sensibles au bogue informatique. C’est principalement un souci d’économie de carburant qui a poussé les constructeurs d’avion tel que Boeing ou Airbus à remplacer progressivement tous les systèmes hydrauliques de commande par des moteurs électriques gérés par des ordinateurs. Rien de bien surprenant avec l’évolution des nouvelles technologies, on le fait bien sur les voitures alors pourquoi pas sur les avions. Rien d’étonnant donc, sauf peut-être le langage utilisé pour écrire les logiciels qui ne seraient pas plus fiables que ça. La pertinence des tests de sécurité sur ces même software s’est révélée plutôt faible et aléatoire.  Et c’est là tout le cœur du problème. En l’air un bogue informatique généralisé peut avoir des conséquences fatales. Comme on l’a vu avec le vol AF 447. Quand on voit les moyens déployé pour filtrer les passagers avant qu’ils puissent monter à bord on se demande vraiment si tout cet argent ne devrait pas être investi dans autre chose de plus sécurisant. La course à l’économie de carburant pourrait bien être néfaste à l’industrie aéronautique en crénant une phobie des avions. Je serais curieux de savoir si les constructeurs s’autorisent une marge d’erreur correspondant à un certain nombre de crash qui feraient partie de leur calcul de rentabilité. Ça semble effrayant mais pas si irréaliste que ça. C’est surtout la conclusion de l’article qui fait froid dans le dos.  Au sujet du système de contrôle des programmes utilisés pour piloter les avions Martyn Thomas (de la Fédération aéronautique américaine) ajoute «  aucune autre discipline de l’ingénierie ne travaillerait avec des outils qui présentent des défaillances aussi dangereuses. »

Qui est ce qui voulait faire du ciel le plus bel endroit de la terre…?

"Y a t'il un bogue dans l'avion?" - Courrier international 905 - mars 2008


À propos de cette entrée